Atelier d’écriture

Fin de saison ! L’atelier d’écriture reprendra le 19 septembre 2018. Il se tient le troisième mercredi du mois, de 18 h 30 à 21 h 30 à l’adresse de l’association. Une heure trente d’écriture, suivie d’une pause apéritive et d’un groupe de parole sur un sujet donné.

Les nouvelles inscriptions pour la saison prochaine sont ouvertes. Tarif adhésion ; 20 € l’année et chacun apporte de quoi partager !

 

Atelier d’écriture du 21 janvier 2016

Deux sujets pour cet atelier, nous n’avons fait qu’aborder le troisième, qui sera repris lors de l’atelier du 18 février.

1) Définitions de anamnèse, nom féminin

  • [PSYCHOLOGIE]Évocation volontaire du passé que fait le patient.
    • Ensemble des renseignements que le patient donne au médecin au sujet de son passé, de l’histoire de sa maladie.
  • [RELIGION]Dans la liturgie catholique, prière qui suit la consécration et qui rappelle la Passion, la Résurrection et l’Ascension.

Rédigez une anamnèse de votre choix.

Marie-France

Le patient : Je suis né pendant l’occupation, dans une famille de trois enfants dont j’étais le dernier. J’ai un frère et un secret, mon frère ainé, vingt ans de plus que moi, était parti en Allemagne, réquisitionné par le STO. Au moment de ma naissance, mes parents ont connu l’exode. Avec ma sœur, ils sont venus s’installer dans le Sud-Ouest avec ma sœur alors âgée de douze ans. Mon père est entré dans la résistance, et ma mère accueillait des juifs à qui elle faisait passer la frontière pour aller se réfugier en Espagne.

Le docteur : et aujourd’hui, dites-moi, de quoi souffrez-vous ?

Le patient : d’insomnies et de cauchemars.

Le docteur : Depuis quand ?

Le patient : depuis plusieurs mois, je croyais en avoir fini avec ce passé, mais il revient sans cesse, je vois mon frère poursuivi par les nazis, il est embarqué et emmené vers je ne sais quelle destination, les camps de concentration, sans doute, je ne sais plus très bien, je vous dis cela d’après ce que l’on m’a raconté quelques années plus tard, car je n’ai pas vraiment vécu ces années là, puisque je suis un enfant de l’après-guerre.

Je suis très fatigué, je me sens complètement vidé, j’ai même l’impression quelquefois d’être dépressif, je n’ai plus envie de rien, moi qui étais tellement dynamique, tellement plein de vie, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Est-ce que vous allez pouvoir faire quelque chose pour moi, docteur ? Des fois, j’ai des idées noires. S’il n’y avait pas mon épouse, mes enfants et petits-enfants, c’est le soleil de ma vie, je crois bien que je ferais des bêtises.

Zibelyne

Bonjour, docteur. Je suis venue vous voir, parce que je m’en vais.

Je suis née en hiver, et, en hiver, il fait trop froid. Je ne peux jamais fêter mon anniversaire en garden-party, c’est irritant. D’ailleurs, je ne me souviens pas de tous mes anniversaires. Est-ce pour cela que je ne vieillis plus ?

Cette maladie de jouvence me donne de l’urticaire, car mon mari, lui, ne cesse de blanchir. Ça a commencé à l’âge adulte. Enfant ? Je ne crois pas. J’ai grandi dans les champs avec les mauvaises herbes, et la friche, ça pousse bien !

Belle plante devenue, j’ai épousé un homme, le premier. Mes jupes en ont rétréci, d’effroi, sans doute. Je me suis remise aux socquettes et aux couettes, jusqu’au divorce.

Là, enfin, j’ai pris un peu d’âge, mais de cheveux blancs, pas. J’ai folâtré, gambadé, déliré. D’ailleurs, j’en perds le fil de mon discours…

Les anniversaires se sont succédé, je restais pourtant jeune. J’ai rétréci, fondu, j’ai maigri, j’étais toute rabougrie de jeunesse !

J’ai vite cessé d’y penser, j’ai oublié, fêtant mes anniversaires au coin du feu après les avoir répétés à l’été. Enfin, mon âge s’équilibrait.

Mais, j’ai recommencé.

Je suis repartie, lasse de ces anniversaires identiques et sans soleil. Je suis presque retombée en enfance. J’étais comme une idiote, à rire, les jupes en l’air. Heureusement, « il » m’a fait pleurer pour que je prenne quelques cheveux blancs. Peine perdue.

Je suis repartie et, depuis, mon corps a compris. Il sait vieillir enfin, mais, ma tête de rebelle ! Elle fait des farces, des crasses, des blagues carambars. Elle ne vieillit pas !

Docteur, est-ce grave ? Puis-je partir dans l’au-delà en gamine pour cavaler, un petit pois dans le cerveau, dites ? Docteur, parce que je m’en vais.

2) Déterminez une séquence de réel, soumise à répétition par des lois qui lui sont extérieures » : repas de famille, Noël, 14 juillet, réveillon, mariage, enterrement, compétition sportive… Quelles en sont les images principales – pivots ? Mettez en page ce rite. Chaque fragment de rituel doit donner lieu à un nouveau paragraphe (5 ou 6 au total), même très court, en terminant chaque paragraphe sur une image fixe. L’ordre peut ne pas respecter la chronologie.

Jacques

La salle était comble. Elle semblait comme retenir son souffle, un peu à l’image d’un ring qui n’attend qu’une chose : l’arrivée des boxeurs ! L’estrade paraissait immense et le petit pupitre, posé sur un côté, bien dérisoire.

La foule faisait des vagues, un peu comme sur l’océan un jour de petite brise. Un murmure monta : il arrive, il arrive ! Il arrivait, en effet. Vêtu d’un costume bleu foncé, d’une cravate rouge, le teint hâlé, grand et décidé il s’avança, s’installa derrière le pupitre.

Les flashes des photographes crépitèrent comme des éclairs.

Il ne parlait pas. Il souriait. La foule l’applaudissait en agitant les bras. Il n’avait toujours rien dit, mais il était là et la salle s’animait comme une mer déchaînée.

Il tapota des deux doigts sur le micro posé devant lui.

— Mes amis, nous sommes réunis et, désormais, plus rien ne sera comme avant.

Une clameur monta.

L’orateur semblait comme un surfeur attendant la vague, la vraie ! Elle déferlait maintenant, et il s’élança dans un monologue dont il avait le secret.

Atelier d’écriture du 19 novembre, extraits

Atelier de novembre : ludique comme à l’habitude, deux heures de partage au coin du feu et des grignoteries apéritives !

1) Créez un petit texte à l’aide des éléments suivant ; coquecigrue, épanadiplose, pléonasme, oxymore cédille, en les incluant tous, en ajoutant ou supprimant des cédilles pour créer des effets sonores. Concrétisez votre coquecigrue sous une forme palpable, et jouez des figures de style autour de ce personnage.

Marie-France : Il avait l’habitude de sortir à la nuit tombante, en fait, tout le monde en avait entendu parler, mais personne ne l’avait jamais vu. Au vu des empreintes qu’il laissait dans la terre gelée ou la neige, il devait s’agir d’un animal à cinq pattes ; on supposait que la cinquième se situait au niveau du nombril, mais toutes étaient en forme d’étoile « startanpion », on se disait que cette cinquième patte devait être bien commode et surtout plus rapide pour avancer de l’avant, mais cela devait être pas mal non plus pour reculer en arrière. À chaque fois qu’il laissait des traces de son passage, les conversations allaient bon train au café du village. Au brouhaha tumultueux, succédait un silence assourdissant, il régnait alors une ambiance pesante de plomb dans ces soirées d’hiver, laissant à chacun l’impression qu’il allait bientôt péter les plombs.

 Zib : Œil pour dent, et dent pour œil ! clame Poulnareff, perché sur son tas de fumier parfumé. Ça alors ! miaule le chat pendu à l’arbre mort radieux de vie. Quelle bête est-ce là ? Une poule frisée ? Un homme plumé ? Il a la queue en colimaçon, et, quoiqu’on en dise, le bec en nez.. de bec ! de gaz, me direz-vous. Le joyeux, gai comme un pinson, n’en peut mais.

— Je suis beau ! Le plus beau, et, si je plais aux phasmes, je sèche sur le pléonasme ! Je marche à pieds, à pattes et sans voilure, je marche ! Donc, je suis ! déclame l’abruti éclairé.

— Quel çon ! piaule le matou piauleur. Cet ébouriffé décoiffé d’emplumé est aussi bête que laid ! Il a passé le mur du son – d’avoine, eh ! Con ! Quitte tes lunettes que je te torde le cou…, la bourse ou la vie, hop, et nous sommes quittes !

Jacques : Le docteur Firmin raccompagna son client et se dirigea vers la porte de la salle d’attente, affichant sa satisfaction.

— Ouf ! Quelle journée, encore un dernier client et à moi le Cercle pour une soirée bridge !

Il ouvrit la porte et resta interdit. Là, devant lui. Il ne savait que dire. Il le fallait, pourtant.

— Bonsoir, entrez.

Une personne ? Un animal ?Non, une forme difforme. Elle s’engouffra dans son cabinet comme un coup de vent chassé par un brusque courant d’air. Il réfléchissait. Nom de Dieu ! D’où vient-il, celui-là ? Il perdait tous ses repères. Il lui demanda sa carte Vitale, mais la chose ne semblait pas comprendre. Il n’était pas plus avancé. Pire, un vide, un trou, l’empêchait de se concentrer. Adieu, la Faculté, il avait tout oublié. Bizarre, vous avez dit, bizarre… Il tenta de prendre à nouveau la main.

— Vous souffrez… de quoi ?

Il ne répondait pas. Était-il assis ou couché ? Vivant ou mourant ? Devait-il l’aider ou le chasser, s’il le pouvait encore ? Il ne savait pas. Il était comme dans le coma, quand le téléphone sonna.

2) Écrire la nuit : écrire de nuit, sur la nuit, sur la transformation d’un environnement familier ou imaginaire. Sur une feuille libre, listez les mots et situations qui vous viennent à l’esprit. Écrivez la première mise en situation. Échangez vos feuilles et poursuivez.

 Zib. Le givre embue le pare-brise. Frisettes de l’aube qui ne veut pas se lever. Une ombre passe sur la place déserte. J’ai beau connaître les lieux, cette ombre ne me dit rien qui vaille. Un nuage masque la lune. Un bruit. Le sol craque. L’homme approche. Un rouletabille ? Un ramène ta fraise ? Il tangue et dérive en marin aviné. Ah ! C’est un hareng saur pas frais ! Un sorti du troquet, égaré dans la nuit ! Jacques. L’homme a envie de faire pipi, mais sa braguette, nuit d’ivresse, a déjà fermé. Elle est coincée. L’homme est désemparé. Un trou blanc dans ses idées noires. Marie-France. Il sent alors le liquide chaud couler le long de ses cuisses, et, finalement, ça n’est pas si désagréable que ça, espérant quand même que personne ne l’a vu, il aurait trop honte.

 

Jacques. Le grand gaillard plein de vie sortit dans la nuit pour chasser son ennui. Il puait l’alcool à plein nez et il s’apprêtait à passer une nuit blanche. Il se connaissait, il savait que, dans l’obscurité, il n’y voyait plus clair. Au propre, comme au figuré. Marie-France. Ses pas le conduisirent aux portes de la ville, animée, grouillante ; badauds curieux ou saltimbanques haranguant la foule, toute cette vie le rassurait, et, peut-être qu’il pourrait alors résister à cette tentation de s’enivrer pour ne plus penser. Zib. Bientôt, il ne pense plus, dégrisé, désembouteillé. La foule, il ne la voyait plus. Il ne voyait qu’elle, magnifique, dans sa robe rouge. Elle, dont il avait toujours rêvé. Le brouhaha enveloppant était cieux étoilés. Elle lui fit un sourire, il aurait pu le jurer. C’était sa nuit, leur nuit. Sa main caressa ses rondeurs tièdes. Il savait qu’elle était faite pour lui. Les cris de l’homme, derrière lui, il ne les entendit pas. Il traçait la route, au volant de sa Ferrari.

 

Marie-France. Le soleil baisse à l’horizon , rouge, incandescent, puis il disparaît doucement. La lune majestueuse éclaire alors le ciel. Jacques. Allumer le feu ! Une chanson de Johnny lui revient à l’esprit. Moi aussi, si dit-il, j’aurais pu monter sur les planches et éclabousser de tout mon talent. Zib. Ni une, ni deux, le voilà grimpé sur un parapet. Funeste idée ! Son perchoir, instable, tangue tant et tant que ce sont ses chaussures, qui se retrouvent éclaboussées de tant de talents d’or en boisson, dépensés. Le soleil se marre en fuyant de l’autre côté de la Terre. Que la lune se débrouille avec les ivrognes, lui, il s’en va sur les plages dorées… Jacques. Allumer le feu ? N’est pas Johnny qui veut !

3) Les synonymes : Prenez une fraction de texte chacun et transformez-le à l’aide d’un maximum de synonymes. (Histoire de bonnes sorcières méchantes)

Bon exercice dont je vous fait grâce, c’est un travail qui ne demande pas à être lu, mais à être fait !

Ateliers d’écriture du 15 octobre, extraits.

Atelier d’octobre

1) La porte, c’est le contraire de la fenêtre : on la décrit depuis l’extérieur, il n’y a rien d’autre à voir que la porte elle-même, on ne sait pas ce qu’il y a derrière. On laisse, avant de la franchir, son « dehors », tout en conservant une continuité avec lui. La porte est une transition entre deux univers.

Décrivez une suite de portes, celle de chez soi, du travail, d’un endroit qui vous hante, celle qui ferme votre mémoire…

Jacques

Une porte n’a rien d’une fenêtre.

Elle est massive, elle ne laisse rien transparaître.

Elle est austère et difficile de caractère.

 

Celle de chez moi, je la connais bien.

Elle clôture mon petit univers, celui où je me sens bien.

Elle est ma préférée parce que j’en possède la clé.

Elle donne sur mon jardinet et elle filtre mes pensées, bien mieux qu’une baie vitrée.

 

Rien à voir avec celle du bureau.

C’est du bois pourtant aussi, mais celui-ci a mal vieilli.

Il trimbale des relents d’amertume qui plombent mes humeurs.

J’aimerais voir une fleur, mais la ronce envahissante étouffe mon cœur.

 

Chouette, la vie me sourit.

C’est une porte ouverte sur mes envies.

Le soleil de mon petit paradis.

Zib

1) La porte me fixe, improbable interlocutrice. Massive, elle suinte d’humidité en ce petit matin qui se lève. Le chien gratte à son huis, impatient de rentrer. Je rends à regret la clé des champs et pose ma main sur le froid de la poignée. La porte craque sous la poussée. Elle s’ouvre. Une odeur de moisi m’assaille.

— Ferme la porte. Il fait froid.

La femme est assise dans un recoin sombre, aussi sombre que sa voix est mauvaise. Des relents aigres de soupe m’effleurent, mêlés aux reflux des couches entassées dans la poubelle. Un dernier rayon de soleil s’infiltre par l’embrasure de la porte, soudain irisée de gouttes de lumière. Le chien a plongé le museau dans les croquettes. Je mets ma blouse, pressée d’en terminer.

2) Le chemin est court qui ramène à son antre. Je secoue la vieillerie qui me colle à la peau, me grise des odeurs du printemps, plongée en immersion dans la joyeuse cacophonie de la ville. Des gamins babillent devant la porte de l’immeuble, agglutinés sur le trottoir, les vélos bloquant l’accès. J’enjambe roues et pédales avec mille précautions. Les petits agitateurs ne prennent pas garde à moi. Je suis de chez eux, admise, aussi familière que la porte peut l’être.

Le calme du hall me surprend, frais, illuminé d’une lumière douce et chaude. Mes pieds glissent sur la moquette du couloir. Elle est verte, comme les champs, il n’y manque que les pâquerettes. Un toc-toc au numéro huit. La porte s’ouvre, comme par magie. Je crois qu’elle m’attendait. Je la caresse légèrement, elle m’ouvre grand les bras. Le parfum des freesias me salue. La vive lumière de la baie vitrée me fait un clin d’œil. Mon mari dépose un baiser-gâteau au coin de ma bouche. Je quitte allègrement ma deuxième peau et la pends au portemanteau, dans le placard. La journée de travail est finie, je suis chez moi. La porte du placard claquée attendra demain pour s’ouvrir à nouveau. La véritable journée peut commencer, avant que survienne la nuit.

3) La nuit, elle m’a prise au piège. J’avance à petits pas, si petits qu’ils pourraient retourner en arrière. Ils essaient, même, mais une terrible envie me pousse en avant. Une envie de faire pipi.

Le couloir s’enfonce dans le noir, oubliant la lumière blafarde qui tremblote à l’angle maudit. Ce sinistre couloir tourne vers sa fin. Au fond, aucune échappatoire. Seule, la tête de loup me toise de ses deux mètres cinquante. Moi, toute petite, je prends soin de marcher au milieu, sans toucher les murs qui pourraient m’avaler. Elle est là. Ses carreaux sales semblent m’appeler. Le jour se cache derrière, si haut, projetant dans la rue un vertige. Je tâte et trouve la poignée, vite tournée.

Ne pas trop la toucher. Le froid de la rue s’engouffre dans le couloir par les vitres fragiles. Faire vite. Descendre la marche. Se baisser. Ne pas se laisser enfermer. Poser ses jambes face à elle et pisser. Se reculotter sans regarder sous la cuvette et foncer, traverser cette porte hostile, ce couloir, jusqu’à la porte de l’appartement qui sourit dans la clarté de la lampe. L’ouvrir dans un élan et ne plus en trouver. Elles sont toutes ouvertes. Ouvertes sur les pièces, sur les braillements de mes sœurs, sur les bonnes odeurs de cuisine, sur le poêle à fioul qui ronronne, sur mon chez moi, à moi, et que les araignées aillent se faire voir !

2) Les nuages :

Nous avons (liste non jointe) des mots correspondant au phénomène météorologique, à l’émanation, à la notion de quantité, de malheur. Tissez une histoire avec pour personnages les différents types de nuages. Associez-leur des notions liées aux émanations et à la quantité, au malheur, en fonction de leur « identité ».

Monique

Un cirro-stratus s’étire paresseusement au-dessus de la tour. Il s’élève avec lenteur et s’étoffe en prenant de l’altitude. Ou plutôt : il rejoint ses compagnons, quelques cirro-cumulus qui moutonnent avec la même nonchalance sur un ciel déjà sombre.

Les voilà qui se mêlent, se mélangent, deviennent une seule et même masse nuageuse, gracieuse dans sa monstruosité légère de cumulo-nimbus illuminé parfois d’un rayon du soleil couchant.

Depuis la voiture qui file sur la route, ma fille Sarah pointe du doigt la centrale nucléaire de Dampierre : « oh ! regarde maman ! Un distributeur de nuages ! »

Jacques

Le troupeau avançait d’un pas lent. Le señor météo connaissait son boulot pourtant. Voilà plus de vingt ans qu’il observait le ciel, mais il n’avait jamais rien vu d’aussi troublant. Il interpela aussitôt ses collègues qui se chamaillaient dans l’entrée.

— Regardez-moi ce ciel tourmenté. C’est exceptionnel ! Un troupeau bigarré et mal habillé d’animaux dépareillés.

 

Le cumulo-nimbus conduisait le défilé de son port altier, un peu comme un éléphant qui va vous rentrer dedans. Autour de lui, des petits moutons blancs marchaient sans se retourner, fiers d’accompagner le gros pachyderme.

Des éclairs illuminaient le ciel. On aurait dit des zèbres courant dans la steppe avant la tempête.

Un lion courroucé observait le spectacle, prêt lui aussi à se déchainer. Un cirrus de haute altitude semblant régner sur cet étrange univers !

 

— Pas de doute, c’est un tsunami pour ce midi, s’écria le señor météo. Je n’ai jamais rien vu d’aussi terrifiant ! Prévenez immédiatement la Direction des opérations !

Atelier d’écriture de septembre

Extraits du dernier atelier.

1) Écrivez une phrase débutant par « C’est bien de… », évoquant un plaisir quotidien. Poursuivez avec un texte de dix à quinze lignes, en développant.

Jacques

C’est bien de penser à ses vieux jours !

Au printemps, tout va bien

On court, on joue avec le chien

Et avec l’été qui rigole

Se poursuit la farandole.

 

Mais voilà déjà l’automne

Bigre, il commence à faire froid.

Je ne sais pas pourquoi

Mais ça sent l’hiver tout ça !

 

Vite, vite, plus de temps à perdre

Pour se rouler dans l’herbe.

Faut que j’aille chez le docteur

Pour soigner mon cœur.

2) C’est l’automne. Vous rentrez sous la couette comme une araignée à la cave ! Mettez votre couette en scène en la considérant comme un personnage. C’est elle qui va parler, de vous, d’autres dormeurs, du pourquoi ils sont là, de ce qu’ils y font ou y trouvent, rêve, plaisir, contrainte…

Marie-France : 

— M’enfin, qu’est-ce que c’est que ce bazar que tu as fait toute la nuit, m’interroge la couette, d’humeur maussade, j’en suis encore toute chiffonnée – ajoute-t-elle.

— Mais tu sais bien que les démons de la nuit m’agitent tellement que je ne peux m’empêcher de tourner et virer d’un côté sur l’autre, et encore, ne te plains pas, j’aurais pu te jeter au pied du lit.

— Il n’aurait plus manqué que ça ! Et, en plus, ton chat est venu me lacérer les flancs, pour que tu te décides enfin à te lever, il avait faim et envie de sortir, et il n’a pas la patience d’attendre !

— Je sais, tu as raison, je te mène la vie dure et je ne t’épargne pas grand-chose de mes tourments. Mais, tu es tellement douce avec moi, quand, après un premier lever, je reviens le lover contre toi, je te suis tellement reconnaissante de toutes tes gentilles attentions.

Pour te remercier, je te promets un relooking comme tu n’en as jamais eu !

3) Élément liquide : la pluie ruisselle. Laissez votre esprit dériver au rythme de l’eau. Commencez par les gouttes, le ruisseau qui coule de la gouttière, le flot des vagues de l’orage. Soyez liquides, fluides, élément liquide.

Monique :

Une seule goutte s’écrase, large et étoilée, sur la poussière qu’elle mouille à peine. Une autre. Et puis elles tombent toutes en grand troupeau pressé. Elles tambourinent à la porte au sol sec qui ne se laisse pas pénétrer. Bientôt, il cède sous le nombre, rend les armes et devient vase. Un ruisseau se forme sous la gouttière percée, il court, il dévale le jardin en pente et rejoint la rivière. Les flots brunis de boue courent plus vite, ils lèchent avec plus d’insistance les herbes des berges et arrachent des mottes de terre qu’ils emportent dans leur course.

Et puis, ils arrivent. Ils arrivent enfin, là où tous se précipitent, vite, vite, de plus en plus vite. On entend gronder et crier ceux qui sont déjà arrivés, qui sont tombés, brusquement, en pluie, en trombe, en mousse blanche et grise qui saute et roule sous le déversoir.

4) Mon petit dico. Les miscellanées (recueil scientifique ou littéraire)

Listez vos mots amour, mots haine, mots questions…

Listez vos goûts, idées, pensées.

Associez cinq mots des deux listes en rédigeant des phrases

 

Zib :

Goûts                           idées                    pensées

 

Manger                          délires                            fleur

Boire                              toujours                mauve

Rêver                             écrire                    rêve

Vivre                              faire                      flotter

Nouveau                        construire             dérive

Invention

 

  • Mon salopard d’amant rêve de vivre. Il rêve.
  • Tendres rancœurs chères à mon cœur construisent mes rêves.
  • Pourquoi toujours tuer ce qui est nouveau ?
  • Irai-je à la dérive à manger des fleurs ?
  • Le couteau aime le tendre, délires d’écrire.

 

Atelier d’écriture du 16 avril 2015

Fenêtres sur MDes extraits de la production des participantes !

 

1) Écrire à la manière de Paul Eluard :

La grande avenue est bordée d’arbres
Les arbres élancent vers le ciel leurs branches
Les branches se parent de mille fleurs
Les fleurs font la cour aux papillons
Les papillons agitent frénétiquement leurs ailes
Les ailes multicolores des papillons éblouissent les passants
Les passants rêvent à des lendemains qui chantent
Les lendemains qui chantent sont au bout de la grande avenue.

2) Trouvez une suite au groupe de mots de votre choix, synonyme de « j’attends » : compter les clous de la porte, faire antichambre, faire le pied de grue, faire les cent pas, patienter, prendre racine, prendre son mal en patience, s’armer de patience. [Familier] croquer le marmot, faire le planton, faire le poireau, macérer, mariner, moisir, poireauter, pourrir, s’éterniser.Puis, partez sur d’autres phrases débutant par « entre-temps ». Répondez-vous l’une à l’autre avec vos deux types de phrases.

Extrait : 

Je fais le pied de grue devant le bar-tabac de la mère Pincemiche. Entre-temps, la mère Pincemiche a cassé sa pipe. Ce n’est pas ce matin que je fumerai la mienne.

 

Je macère sur le bitume en plein soleil : mais que fait donc mon soupirant ? Entre-temps, une voiture s’est arrêtée non loin de là. Une fille s’est penchée à la portière, est montée et a embarqué mon homme contre 50 billets.

 

J’en ai assez de compter les clous de la porte, sournoisement enfermée aux toilettes par mon imbécile de beau-frère aviné. Entre-temps, quelques bières se sont écoulées. Le beauf s’est écroulé derrière la porte des cabinets, à renfler. Moi, au moins, je savais où pisser.

3) La lettre A : inventez des situations absurdes avec le plus possible de mots commençants par A, rédigez un court texte.

Premier extrait : 

À l’aube de la nouvelle année, une amitié s’ajoute à l’ancienne. Annie était jusqu’alors l’âme sœur d’Angélique, quand apparut Amélie.

Ah ! Aimable Amélie qu’Annie amena au bord de l’abime…

En avril, pour son anniversaire, les trois amies appelèrent les âmes de leurs amants assassinées. Elles avalèrent des amanites et arrivèrent dans l’au-delà.

Deuxième extrait : 

  • Albin aime arriver à l’abreuvoir en applaudissant.
  • En applaudissant ?
  • Ah bien sûr ! Albin n’est pas un aimant ! Il accourt d’Abu Dhabi afin d’agrandir l’aéroport.
  • … Albin n’est donc pas un cheval ?
  • Absolument pas ! C’est une ampoule tout ce qu’il y a de plus atypique.
  • Comment une ampoule peut-elle être atypique ?
  • Afin de faire rougir ses amis les agneaux !
  • Amis avec des agneaux ?
  • Abruti ! Je ne parle pas d’Hannibal, mais d’Albin ! L’alpiniste qui adore arroser les alpagas !
  • Tu me parlais d’une ampoule et d’un aéroport…
  • Une ampoule qui prend l’avion aura plus d’amour dans sa vie qu’un anaconda qui apprend à aboyer…
  • Un anaconda n’aboie pas…
  • À la manière d’une écrevisse, si, si. Pour l’instant, afin d’assumer mon association, je vais aller m’asseoir sur un arbre et ne plus articuler un mot.
  • Mais oui… Et la marmotte met le chocolat dans le papier d’alu…
  • Ce que tu acclames est complètement absurde ! Un amphibien ne pourra jamais accrocher un arrosoir dans de l’aluminium ! Je m’avance afin de m’abandonner d’aucuns, donc de toi ! A plus sous l’abribus !
  • Et c’est moi l’abruti…

 

4) La fenêtre d’écriture : Par le truchement de la fenêtre présente lors de l’atelier, écrivez vos perceptions déclinées sur cinq fenêtres :

1 Voir le présent

2 Penser au mémoriel lointain, dans le même lieu. (saisons)

3 Revenir au mémoriel proche

4 Passer par le mode de voyage pour parvenir sur le lieu

5 Réflexion sur nos fenêtres : sur le monde, mais, comment ? Ordinateur, portable, de la chambre, quelle est la part que nous recevons par son biais, et celle que nous

partageons avec d’autres ?

L’extrait est en haut d’article.

Atelier d’écriture de février

Travail sur les onomatopées, l’emphase, l’épanaphore et les néologismes, soirée riche de rires!

 

L’emphase : 

Claude : Tu es ma maîtresse et je ne suis que ton chien blotti à tes pieds, ignorant le temps qui passe et scrutant ton doux visage dans l’attente de l’ordre aimé.

Simone :  Mon Dieu ! Qu’ai-je fait ! Qu’ai-je pu dire pour mériter cette solitude qui est la mienne aujourd’hui.

 

L’épanaphore

Marie-France :

Encore un matin chagrin

Encore un soir cafard

Encore des heures labeur

Encore des mois sans émoi

Encore des années fanées.

Zib :

On en voit, des vides, on en voit !

Comme on voit des bateaux ivres sur l’océan

Comme on voit dériver les hommes au couchant

Comme on voit des sirènes au soleil levant

Comme on voit dans la nuit des suaires, flottant

Comme on voit sur la mer des nuages voguant.

On en voit, des vides, on en voit.

Les néologismes : Nous avons créé des mots à partir de noms d’animaux et de fleurs, nous les avons échangés, créé leur définition et les avons utilisés dans de courts textes. En voici un exemple.

Claude :  Alors que je pénétrais dans le hall de l’hôpital, mon uschsiach sur les épaules, j’entendis soudain l’épouvantable chuintement des roses atteintes de phanlérose, et ce, dans l’indifférence générale. Car il y avait plus grave : le personnel, on venait de l’apprendre, était atteint depuis peu de rondellenite aigüe. Cette épidémie ancestrale revenait soudain, vraisemblablement due à des pratiques scabreuses inspirées du Malin.

Uchsiach : sorte de ouistiti à forte odeur de pertaluène aligoté. Définition de Claude.

Phantlérose : maladie ravageuse de la rose. Envahie de scribouille phantheuse, et non venteuse, la rose meurt en carbigon à soufflette et enphante des lérots bigloteux. Définition de Zib.

Rondellenite : inflammation des extrémités de doigts de pieds et de mains, qui donnaient à ceux-ci l’apparence de rondelles de saucisson. Cette affection, aujourd’hui disparue, était décrite dans de vieux grimoires de sorcellerie, et on l’attribuait à une consommation excessive de cochon. Définition de Marie-France.

Atelier d’écriture de janvier

En janvier, nous avons travaillé sur le dialogue, et, bien sûr, notre attention s’est portée sur Charlie.

Voici quelques extraits.

Le dialogue : un texte de Monique

— Tu préfères laquelle ? demande Camille et sortant de la cabine d’essayage, une masse de vêtements sur le bras.

— Celle-ci, répond Yves, montrant le tas d’un geste vague tout en réprimant un bâillement.

— Tu n’as rien regardé, hein ?

Le ton est lourd de menaces.

— Si, si, bien sûr ma chérie. Mais tout est si joli sur toi…

— Allez, un petit effort : tu m’aimes mieux avec la petite robe décolletée dans le dos, ou celle qui tombe en grands plis jusqu’aux genoux ?

— Heu… commence Yves, en pensant à toute vitesse qu’il aurait vraiment dû regarder sa femme, ce devait être un joli spectacle… « Eh bien, j’hésite… » Il faut absolument que je réponde quelque chose, sinon c’est à coup sûr le masque pour la soirée « je crois que… le décolleté »

— Quel décolleté ? interrompt brusquement Camille, l’œil noir et le sourcil furieux.

— Eh bien la robe avec la grande encolure, la première, affirme Yves avec assurance.

Il reçoit aussitôt le tas de vêtement en plein visage.

— Cherche là donc, pauvre ami ! Ce sont des pantalons que j’ai essayés !

 

Croquis Zib

Croquis Zib

 

 

 

 

 

 

 

Après ce dialogue, Charlie : un texte de Pauline

 

Au début de la vie, il n’existait qu’un seul pays. Un pays uni et en paix. Nous l’appellerons « Le Beau Monde ».

Le peuple du Beau Monde était sain et bienfaisant. Le mauvais et la pollution n’existaient pas et chacun vivait l’esprit tranquille. Ce furent de belles années jusqu’au jour ou un homme déclara :

« Je crois en Dieu »

Il expliqua à ses contemporains qui était ce Dieu, dont il vantait l’existence. Chacun trouva l’idée extraordinaire et tous se mirent à croire… Mais un autre homme trouva un accommodement dans cette phrase et déclara à son tour :

« Je suis Dieu »

La moitié du pays se mit donc à vouer un culte à cet homme, mais l’autre partie n’en crut pas un mot. Une guerre éclata, divisant le pays en deux. Le Beau Monde fit donc place à un deuxième pays que l’on nommera « Prudence » et qui accueillit tout les gens qui ne crurent pas à la déclaration de l’homme. Seules quelques personnes restèrent convaincues que l’homme était bien Dieu et celui-ci en profita pour les contrôler. Il se fit appeler « Prophète » et persuada la population qu’il n’était pas Dieu, mais son porte-parole. Il renommera même son pays en « La Croyance ».

Le Beau Monde n’existait plus.

Tout aurait bien pu se passer si Prophète n’était pas jaloux. En effet, il fut tellement déçu par le peu de personnes que contenait son pays à la fin de la guerre, qu’il fit une annonce à sa populace :

« Dieu m’a parlé. Il veut que chaque personne vivant sur cette terre croie en Lui. Et toute personne ne croyant pas en moi ne croit pas en Dieu, car je suis son porte-parole. »

La Croyance construisit des armées entières chargées d’aller en Prudence pour demander qui ne croyait pas en Prophète. Les malheureux qui répondirent qu’ils ne croyaient qu’en Dieu se firent anéantir.

Un homme vivant en Prudence constata le massacre et voulu y mettre fin. Pour cela, il dirigea le pays et inventa une loi qui interdit à toute personne de dire ce qu’il pensait. Le nouveau chef créa une police qui devait tuer ou emprisonner tout individu prononçant un seul mot en public, pour protéger au maximum sa population. Les citoyens de Prudence, par peur de représailles, ne dirent plus rien et La Croyance arrêta ses massacres, préférant recruter les gens qui auront foi en Prophète.

Le premier homme ayant déclaré « je crois en Dieu » fut abattu par ce que sa remarque avait provoqué. Il décida donc de rassembler toutes les personnes qui ne voulaient pas se taire à tout jamais et les emmena dans son nouveau pays, « La Liberté ». Ce nouveau pays contient des gens qui croient en Dieu, mais pas en Prophète et qui ne veulent pas le cacher.

Bien des années plus tard, Prudence continuait à interdire l’expression et La Croyance continuait à recruter des « soldats ».  La Liberté, quant à elle, avait accueilli des citoyens des deux autres pays, leur offrant logis et victuailles. En effet, certaines personnes de Prudence voulaient se remettre à parler et ceux de La Croyance en avait assez de la guerre, ils firent donc le voyage jusqu’à La Liberté. Mais les citoyens de Prudence commencèrent à trop profiter de la gentillesse du chef du pays dès que celui-ci inventa de nouvelles lois sur les logements et la nourriture. Les citoyens de La Croyance continuèrent à recruter des gens chez La Liberté et celle-ci dû inventer des nouvelles règles contre les armes.

Le Beau Monde fut donc détruit pour devenir trois pays différents.

La Croyance, qui avait un tyran pour chef, mais que toute la population vénère et écoute.

Prudence, qui avait un chef devenu tyran malgré lui, car il extermine toute personne voulant s’exprimer.

Et La Liberté, qui avait des tas de lois et des tas de règles laissant croire à la population qu’ils étaient libres et égaux.

Dans ces trois pays, chacun avait une croyance différente en Dieu. Certains n’y croyaient même plus. Le seul point commun entre ces trois territoires est que la population de ces trois pays ne faisait qu’une, autrefois…

Mais un beau jour…

Un jeune garçon qui ne croyait pas en Dieu eut le malheur de naitre à La Croyance… Toute son enfance fut bercée par la divinité et le culte. Arrivé à l’âge d’être recruté dans l’armée, des soldats vinrent chez lui pour lui demander s’il croyait en Dieu et voulait se battre pour lui. Le jeune garçon leur répondit :

« Dieu n’existe pas »

Affolés par cette déclaration, tous les soldats présents à ce moment-là tentèrent de le tuer. Mais le petit était agile et rapide, il se faufila entre les jambes de ses agresseurs et s’échappa. Sa famille l’aida à fuir le pays. Le jeune homme se retrouva en Prudence, seul et abandonné par les siens.

Il ne vivra pas longtemps en Prudence, car, quand il raconta son histoire au chef de la nation, celui-ci lui répondit :

« En mon pays, tu n’as pas le droit de prononcer ces mots ! Ni aucun autre d’ailleurs ! Si tu en débites un seul… Je t’exécute. »

Le garçon fut terrifié par de tels propos et préféra partir. Il s’installa à La Liberté et ne raconta son histoire à personne, voulant d’abord savoir comment vivaient les gens de ce pays. Après quelques années, il décida qu’il resterait en La Liberté et relata son histoire à ses nouveaux amis. Il décrivit également les absurdités de La Liberté et ses différentes lois. Ses amis trouvèrent que son histoire pourrait faire une bonne blague. Il suffisait de caricaturer un peu les dirigeants et les populations…

Le jeune homme fut convaincu. Il fit donc le tour du pays pour raconter ses blagues.

Bien des années plus tard, le jeune garçon était devenu un homme connu dans le monde entier. En effet, certains des citoyens de La Croyance et Prudence qui étaient venus vivre à La Liberté étaient repartis chez eux pour raconter ce que le jeune homme faisait.

C’est ainsi que tout bascula.

Deux soldats de La Croyance furent envoyés pour exterminer celui qui insultait leur Dieu. Ils arrivèrent chez lui et le tuèrent sans aucune pitié…

La Liberté se révolta et traqua les deux hommes qui avaient assassiné la seule personne qui les faisait tant rire… Elle les retrouva et les fusilla sans aucune autre procédure.

Pour leur rendre hommage, les trois dirigeants des trois pays et leurs populations respectives se rassemblèrent. Ils marchèrent et pleurèrent au nom du disparu et crièrent que le massacre devait cesser.

Tout en haut, sur son nuage duveteux, le jeune garçon regarde le rassemblement. Un grand homme habillé tout en blanc vient s’assoir à côté de lui.

— Alors, tu existes ? questionna le jeune homme

— J’existe seulement si tu le veux, mon garçon – déclara Dieu de sa voix résonnante.  Que regardes-tu ?

— Le dirigeant du pays où je suis né et qui a voulu me tuer, le dirigeant du pays où j’ai voulu trouver refuge, mais qui a voulu m’interdire de parler et le pays où j’ai réussi à vivre, mais qui ne m’aimait pas beaucoup et me jugeait pour ce que je disais… Tout ce beau monde rassemblé en mon honneur, pleurant sur ma tombe…

— Et qu’en penses-tu, de tout cela ?

— Je pense qu’il y a un espoir…

— Ha ?

— Tout le monde a prouvé qu’il pouvait se rassembler pour une même cause… Il y a donc un espoir pour que le Beau Monde revienne.

Dieu regarda son nouvel arrivant et se gratta la barbe en souriant. Il tapota l’épaule du jeune homme :

— Nous verrons bien, Charlie, nous verrons bien…

Atelier d’écriture de novembre

Et un atelier de retard, un ! 

Nous avons parlé d’homographes et d’homophones non homographes, de l’action dans le récit avec l’analepse et la prolepse, et de mots d’ailleurs…

Extraits ! 

À l’aide de verbes d’action, détaler, s’enfuir, etc., et avec des phrases simples au présent : « ils détalent, tendus vers la porte de sortie », décrivez la déroute de gangsters après un hold-up raté dans le laboratoire d’un savant fou.

Simone

Le savant fou

Lundi matin. Dans son labo, un savant, revêtu de sa blouse blanche boutonnée de travers, mal remis d’une soirée entre amis bien arrosée se gratte la tête en quête d’une hypothétique découverte.

Il somnole, affalé sur la paillasse. Il tient à la main une éprouvette remplie d’un liquide vaseux et malodorant.

Il est soudain surpris par l’entrée tonitruante de deux hommes, portant cagoule.

Le cadre s’y prête. Une explosion ne va pas tarder à se produire. Oui, mais, une explosion de coups de poing sur le visage du malheureux occupant des lieux.

Interloqué, tentant d’émerger de sa torpeur, il s’empare d’une burette pacifique, mais qui, ça va de soi, ne demandait qu’à se rendre utile.

Le savant tente de la briser sur le crâne d’un des gangsters. En vain, ladite burette avait sans aucun doute des ambitions plus scientifiques.

S’adressant à ses agresseurs, il balbutie, désappointé, et la peur au ventre : que voulez-vous ?

Lui allongeant une baffe magistrale, le plus costaud lui répond : mais ta formule magique, bougre d’âne !

Je… je, je ne vois pas, je n’ai pas, je ne suis qu’un pauvre chercheur qui cherche, qui cherche et qui cherche toujours et encore. Puis reprenant un peu ses esprits, ajoute : et puis, je ne suis pas magicien. Et d’abord magique en quoi ?

— Mais, magique parce ta potion rend riche et beau ! Il paraît que tu t’en vantes auprès de qui veut bien t’écouter !

— C’est pur mensonge, je cherche à découvrir la formule de la bave de batraciens ! D’ailleurs, voulez-vous que je vous en jette une pipette au visage ? Vous constaterez de visu !

Non, non, pas la peine, dit le plus malingre des deux bougres. Viens, dit-il à son compère, on s’est trompés. On n’est pas chez L’Oréal, la preuve : on n’a pas rencontré Mme Béttencourt, allez, hop, on se casse !

Prenant prestement la porte, ils dévalent quatre à quatre l’escalier.

Tout à fait réveillé, mais se demandant toutefois s’il n’avait pas rêvé, le savant s’asperge alors avec le contenu de la pipette.

Aveuglé, ressentant de vives brulures, il ne s’aperçoit pas que, petit à petit, la mixture opère. Son teint pâlit, il devient vert pomme, des pustules éclosent sur ses joues, ses yeux sortent des orbites : bref : il devient un crapaud et se met à sautiller sur ses quatre petites pattes. Il va terminer cette sombre journée, terré dans l’encoignure la plus sombre du labo.

Et de quoi sera fait demain, pour cette pauvre créature ?

Pauline

Les bras ballants, Chef reste encore abasourdi par les dernières paroles du savant fou. Comment un laboratoire réputé dans toute la région peut-il être à sec ?

Ce doit être une ruse afin de les faire partir… Chef regarde autour de lui.
Le laboratoire est une grande pièce remplie de matériel médical. Seringues, bocaux, pinces, ciseaux et autres scalpels juchent deux tables en inox clouées au centre de la pièce. Les quatre murs sont cachés derrière des meubles, en inox également, qui vont parfois jusqu’au plafond. Il serait impossible de les déplacer, car ceux-ci croulent sous paperasse et constructions miniatures.
Au fond du labo se trouve le tiroir-caisse, où le savant range les dons et les aides financières du pays. Habituellement débordant de billets, il est désormais totalement vide.
Chef est sceptique. Aucune issue, à part la porte par laquelle ils sont rentrés, des meubles impossibles à bouger. Si c’était une ruse, où donc le bougre a-t-il bien pu cacher sa fortune ?!
Prostré dans un coin, le savant essaie de se faire tout petit face au colosse qui braque une arme sur sa tête.

Chef avance vers lui, furieux.

 

— Où as-tu planqué le fric ?! hurle-t-il en l’agrippant par la blouse.

— Je vous dis que je suis ruiné ! chouine le médecin.

 

Oui, ça, Chef l’a bien compris. C’est ce qu’il répète depuis un quart d’heure, quasiment mot pour mot. Ce qui est étrange…
Tout en lâchant la blouse de sa victime, Chef repère ses larbins. Un qui s’occupe du tiroir-caisse, un autre qui surveille le fou, ce qui en laisse trois qui fouillent le labo.

 

— Larbin 2, viens ici ! aboie le patron.

— Oui, Chef ? répond l’homme en s’approchant, laissant ses deux acolytes s’occuper de la fouille.

— Ne trouves-tu pas étrange le fait que tout soit intact sauf le tiroir-caisse ?

— He bien ! je ne pense pas que « intact » soit le mot approprié pour ce foutoir, Chef…

— C’est un foutoir rangé, crétin !

— Bien Chef…

— Et que ce fou répète la même chose à chaque fois. Cela ne te rappelle donc rien ?

Larbin 2 réfléchit se frottant le menton.

 

— Je ne vois pas…

 

Chef met une claque sur le crâne de son sous-fifre.

 

— Et en Nouvelle-Orléans ! Le braquage du laboratoire ! Un des meilleurs que nous avons attaqué ! Avec un tiroir-caisse vide ! Comme aujourd’hui ! s’énerve Chef.

Il frissonne à la pensée de cet affreux moment.
Un jour comme celui-ci, un tiroir-caisse encore plus gros, un laboratoire encore plus prestigieux, des larbins encore moins bêtes… Un braquage qui aurait dû être parfait ! Si on ne tenait pas compte d’un léger détail… Plus d’argent ! Un savant fou ruiné et mollasson… Qui répétait sans cesse la même rengaine « Je suis ruiné, je suis ruiné… ? »
Chef et ses acolytes étaient restés incrédules, ne sachant plus quoi faire, tournants en rond. Ils ne sont pas restés ainsi bien longtemps, car la police était arrivée, toutes sirènes hurlantes, les prenant la main dans le sac. Un certain Jojo Del Fripolino les avait appelés pour leur dire que le labo était attaqué.
Une fois sorti de prison, Chef avait voulu en savoir plus sur ce Jojo. C’était en fait un hypnotiseur qui avait appris, grâce à un large réseau de malfaiteurs, que Chef et sa bande voulait braquer le plus grand labo du pays. Par une malsaine envie de montrer sa supériorité, Jojo avait pris les devants en volant tout l’argent du tiroir-caisse puis en hypnotisant le savant pour que celui-ci ne se souvienne de rien. Jojo avait ensuite attendu que Chef investisse les lieux, le lendemain, pour appeler la police.
Quelle horrible journée ce fut…

 

— Oui ! crie tout à coup Larbin 2. Je m’en souviens ! Mais, Chef, si c’est comme la dernière fois, alors la police…

— Va bientôt débarquer ! le coupe Chef. Mesurant soudain l’ampleur des dégâts, Chef s’affola.

— Il faut partir d’ici ! Et vite ! hurle-t-il à ses larbins.

Tous les gangsters s’arrêtèrent net, dévisageant leur patron.

— Ne me regardez pas comme ça ! Les flics vont arriver d’une minute à l’autre ! Prenez tout ce que vous pouvez et fichez le camp

 

Tous foncèrent sur les tables et les meubles, attrapant bocaux, pinces et mélanges douteux, priant pour que leur trouvaille ait un minimum de valeur. Fourrant le tout dans leur sac et leurs poches, ils prirent chacun un objet dans chaque main pour partir avec le plus de marchandises possible. Certains prenaient même des seringues entre leurs dents.

Chef, quant à lui, entreprenait de fouiller le savant et le tiroir-caisse, espérant y trouver un chèque, un billet ou même une petite pièce de monnaie… Sans grand espoir. Sachant pertinemment, que le tiroir-caisse était vide.

Soudain, avant de le refermer, il remarque un petit bout de feuille coincé dans un coin du tiroir… Sa curiosité prenant le dessus, Chef le prend entre ses doigts et y jette un coup d’œil. Une phrase y est griffonnée, signée d’un « J » entrelacé à un « F ».

 

« Quand vide et hypnotisé il sera, foutu tu seras »

 

Écrabouillant le papier dans son poing, il le jette sur la tête du savant fou.

 

— On se tire ! Hurle-t-il.

 

Chef et ses larbins se ruèrent dehors.
À peine sortis du laboratoire, ils durent s’arrêter et laisser choir leur sac par terre. La police encerclait le bâtiment, braquant leurs armes sur eux.

 

— Jojo Del Fripolino nous a appelés ! beugle le policier dans son mégaphone. Cette fois, il nous a conseillé de vous attendre dehors !

 

L’emploi des mots d’ailleurs… du panier à emporter !

 Marie-France

 Olélé, Olélé, entonnaient à tue- tête les jeunes hommes embarqués sur la tapouille. Ils naviguaient depuis le matin sur le fleuve, pour aller pêcher des trouloulous, qu’ils devaient ramener le midi au village, car une tampougne célébrée en leur honneur les attendait.

La veille au soir, un rite d’initiation les avait fait accéder au grade d’Hommes, ils avaient subi l’épreuve du feu. Les roulements de tambour et les pas des femmes martelés sur le sol dans un rythme enivrant résonnaient encore dans leurs têtes et leurs cœurs.

Ils n’oublieraient jamais ce moment de transe magique.

Le fleuve tantôt paisible, tantôt impétueux, ils le connaissaient par cœur, jusque dans ses moindres méandres, mais ce jour-là au détour d’une mangrove une surprise les attendait.

Sur une plage de sable doré, des disquettes en cuissette se déhanchaient sur un rythme endiablé, leurs rires joyeux et tonitruants brisaient le silence habituel du fleuve.

Les jeunes hommes, animés par l’étonnement et la curiosité s’approchèrent des berges du fleuve et demandèrent à ces demoiselles si elles ne voulaient pas quelques trouloulous contre quelques balles.

Bien sûr que non répondirent-elles à l’unisson en s’esclaffant, et de rajouter : « mais que va penser votre berceuse d’une conduite aussi osée ? »

 

— Mais, jolies disquettes nous n’avons plus de berceuse depuis longtemps, d’ailleurs nous savons même naviguer un char, et depuis hier soir nous sommes des Hommes.

 

Quand bien même, rétorqua la plus effrontée d’entre elles, nous voulons bien partager avec vous une tampougne de trouloulous, et si vous êtes gentils on vous montrera peut-être ce qui se cache sous nos cuissettes…

 

L’autre sujet au choix du panier à emporter, l’écriture sur image, que Monique a habilement traité, avec l’humour qui la caractérise  !

Un poème en vers rhopaliques est un poème dont le premier vers Atelier 7 panier2 Monique Atelier 7 panier 3 Monique