Atelier d’écriture du 19 novembre, extraits

Atelier de novembre : ludique comme à l’habitude, deux heures de partage au coin du feu et des grignoteries apéritives !

1) Créez un petit texte à l’aide des éléments suivant ; coquecigrue, épanadiplose, pléonasme, oxymore cédille, en les incluant tous, en ajoutant ou supprimant des cédilles pour créer des effets sonores. Concrétisez votre coquecigrue sous une forme palpable, et jouez des figures de style autour de ce personnage.

Marie-France : Il avait l’habitude de sortir à la nuit tombante, en fait, tout le monde en avait entendu parler, mais personne ne l’avait jamais vu. Au vu des empreintes qu’il laissait dans la terre gelée ou la neige, il devait s’agir d’un animal à cinq pattes ; on supposait que la cinquième se situait au niveau du nombril, mais toutes étaient en forme d’étoile « startanpion », on se disait que cette cinquième patte devait être bien commode et surtout plus rapide pour avancer de l’avant, mais cela devait être pas mal non plus pour reculer en arrière. À chaque fois qu’il laissait des traces de son passage, les conversations allaient bon train au café du village. Au brouhaha tumultueux, succédait un silence assourdissant, il régnait alors une ambiance pesante de plomb dans ces soirées d’hiver, laissant à chacun l’impression qu’il allait bientôt péter les plombs.

 Zib : Œil pour dent, et dent pour œil ! clame Poulnareff, perché sur son tas de fumier parfumé. Ça alors ! miaule le chat pendu à l’arbre mort radieux de vie. Quelle bête est-ce là ? Une poule frisée ? Un homme plumé ? Il a la queue en colimaçon, et, quoiqu’on en dise, le bec en nez.. de bec ! de gaz, me direz-vous. Le joyeux, gai comme un pinson, n’en peut mais.

— Je suis beau ! Le plus beau, et, si je plais aux phasmes, je sèche sur le pléonasme ! Je marche à pieds, à pattes et sans voilure, je marche ! Donc, je suis ! déclame l’abruti éclairé.

— Quel çon ! piaule le matou piauleur. Cet ébouriffé décoiffé d’emplumé est aussi bête que laid ! Il a passé le mur du son – d’avoine, eh ! Con ! Quitte tes lunettes que je te torde le cou…, la bourse ou la vie, hop, et nous sommes quittes !

Jacques : Le docteur Firmin raccompagna son client et se dirigea vers la porte de la salle d’attente, affichant sa satisfaction.

— Ouf ! Quelle journée, encore un dernier client et à moi le Cercle pour une soirée bridge !

Il ouvrit la porte et resta interdit. Là, devant lui. Il ne savait que dire. Il le fallait, pourtant.

— Bonsoir, entrez.

Une personne ? Un animal ?Non, une forme difforme. Elle s’engouffra dans son cabinet comme un coup de vent chassé par un brusque courant d’air. Il réfléchissait. Nom de Dieu ! D’où vient-il, celui-là ? Il perdait tous ses repères. Il lui demanda sa carte Vitale, mais la chose ne semblait pas comprendre. Il n’était pas plus avancé. Pire, un vide, un trou, l’empêchait de se concentrer. Adieu, la Faculté, il avait tout oublié. Bizarre, vous avez dit, bizarre… Il tenta de prendre à nouveau la main.

— Vous souffrez… de quoi ?

Il ne répondait pas. Était-il assis ou couché ? Vivant ou mourant ? Devait-il l’aider ou le chasser, s’il le pouvait encore ? Il ne savait pas. Il était comme dans le coma, quand le téléphone sonna.

2) Écrire la nuit : écrire de nuit, sur la nuit, sur la transformation d’un environnement familier ou imaginaire. Sur une feuille libre, listez les mots et situations qui vous viennent à l’esprit. Écrivez la première mise en situation. Échangez vos feuilles et poursuivez.

 Zib. Le givre embue le pare-brise. Frisettes de l’aube qui ne veut pas se lever. Une ombre passe sur la place déserte. J’ai beau connaître les lieux, cette ombre ne me dit rien qui vaille. Un nuage masque la lune. Un bruit. Le sol craque. L’homme approche. Un rouletabille ? Un ramène ta fraise ? Il tangue et dérive en marin aviné. Ah ! C’est un hareng saur pas frais ! Un sorti du troquet, égaré dans la nuit ! Jacques. L’homme a envie de faire pipi, mais sa braguette, nuit d’ivresse, a déjà fermé. Elle est coincée. L’homme est désemparé. Un trou blanc dans ses idées noires. Marie-France. Il sent alors le liquide chaud couler le long de ses cuisses, et, finalement, ça n’est pas si désagréable que ça, espérant quand même que personne ne l’a vu, il aurait trop honte.

 

Jacques. Le grand gaillard plein de vie sortit dans la nuit pour chasser son ennui. Il puait l’alcool à plein nez et il s’apprêtait à passer une nuit blanche. Il se connaissait, il savait que, dans l’obscurité, il n’y voyait plus clair. Au propre, comme au figuré. Marie-France. Ses pas le conduisirent aux portes de la ville, animée, grouillante ; badauds curieux ou saltimbanques haranguant la foule, toute cette vie le rassurait, et, peut-être qu’il pourrait alors résister à cette tentation de s’enivrer pour ne plus penser. Zib. Bientôt, il ne pense plus, dégrisé, désembouteillé. La foule, il ne la voyait plus. Il ne voyait qu’elle, magnifique, dans sa robe rouge. Elle, dont il avait toujours rêvé. Le brouhaha enveloppant était cieux étoilés. Elle lui fit un sourire, il aurait pu le jurer. C’était sa nuit, leur nuit. Sa main caressa ses rondeurs tièdes. Il savait qu’elle était faite pour lui. Les cris de l’homme, derrière lui, il ne les entendit pas. Il traçait la route, au volant de sa Ferrari.

 

Marie-France. Le soleil baisse à l’horizon , rouge, incandescent, puis il disparaît doucement. La lune majestueuse éclaire alors le ciel. Jacques. Allumer le feu ! Une chanson de Johnny lui revient à l’esprit. Moi aussi, si dit-il, j’aurais pu monter sur les planches et éclabousser de tout mon talent. Zib. Ni une, ni deux, le voilà grimpé sur un parapet. Funeste idée ! Son perchoir, instable, tangue tant et tant que ce sont ses chaussures, qui se retrouvent éclaboussées de tant de talents d’or en boisson, dépensés. Le soleil se marre en fuyant de l’autre côté de la Terre. Que la lune se débrouille avec les ivrognes, lui, il s’en va sur les plages dorées… Jacques. Allumer le feu ? N’est pas Johnny qui veut !

3) Les synonymes : Prenez une fraction de texte chacun et transformez-le à l’aide d’un maximum de synonymes. (Histoire de bonnes sorcières méchantes)

Bon exercice dont je vous fait grâce, c’est un travail qui ne demande pas à être lu, mais à être fait !

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