Atelier d’écriture de novembre

Et un atelier de retard, un ! 

Nous avons parlé d’homographes et d’homophones non homographes, de l’action dans le récit avec l’analepse et la prolepse, et de mots d’ailleurs…

Extraits ! 

À l’aide de verbes d’action, détaler, s’enfuir, etc., et avec des phrases simples au présent : « ils détalent, tendus vers la porte de sortie », décrivez la déroute de gangsters après un hold-up raté dans le laboratoire d’un savant fou.

Simone

Le savant fou

Lundi matin. Dans son labo, un savant, revêtu de sa blouse blanche boutonnée de travers, mal remis d’une soirée entre amis bien arrosée se gratte la tête en quête d’une hypothétique découverte.

Il somnole, affalé sur la paillasse. Il tient à la main une éprouvette remplie d’un liquide vaseux et malodorant.

Il est soudain surpris par l’entrée tonitruante de deux hommes, portant cagoule.

Le cadre s’y prête. Une explosion ne va pas tarder à se produire. Oui, mais, une explosion de coups de poing sur le visage du malheureux occupant des lieux.

Interloqué, tentant d’émerger de sa torpeur, il s’empare d’une burette pacifique, mais qui, ça va de soi, ne demandait qu’à se rendre utile.

Le savant tente de la briser sur le crâne d’un des gangsters. En vain, ladite burette avait sans aucun doute des ambitions plus scientifiques.

S’adressant à ses agresseurs, il balbutie, désappointé, et la peur au ventre : que voulez-vous ?

Lui allongeant une baffe magistrale, le plus costaud lui répond : mais ta formule magique, bougre d’âne !

Je… je, je ne vois pas, je n’ai pas, je ne suis qu’un pauvre chercheur qui cherche, qui cherche et qui cherche toujours et encore. Puis reprenant un peu ses esprits, ajoute : et puis, je ne suis pas magicien. Et d’abord magique en quoi ?

— Mais, magique parce ta potion rend riche et beau ! Il paraît que tu t’en vantes auprès de qui veut bien t’écouter !

— C’est pur mensonge, je cherche à découvrir la formule de la bave de batraciens ! D’ailleurs, voulez-vous que je vous en jette une pipette au visage ? Vous constaterez de visu !

Non, non, pas la peine, dit le plus malingre des deux bougres. Viens, dit-il à son compère, on s’est trompés. On n’est pas chez L’Oréal, la preuve : on n’a pas rencontré Mme Béttencourt, allez, hop, on se casse !

Prenant prestement la porte, ils dévalent quatre à quatre l’escalier.

Tout à fait réveillé, mais se demandant toutefois s’il n’avait pas rêvé, le savant s’asperge alors avec le contenu de la pipette.

Aveuglé, ressentant de vives brulures, il ne s’aperçoit pas que, petit à petit, la mixture opère. Son teint pâlit, il devient vert pomme, des pustules éclosent sur ses joues, ses yeux sortent des orbites : bref : il devient un crapaud et se met à sautiller sur ses quatre petites pattes. Il va terminer cette sombre journée, terré dans l’encoignure la plus sombre du labo.

Et de quoi sera fait demain, pour cette pauvre créature ?

Pauline

Les bras ballants, Chef reste encore abasourdi par les dernières paroles du savant fou. Comment un laboratoire réputé dans toute la région peut-il être à sec ?

Ce doit être une ruse afin de les faire partir… Chef regarde autour de lui.
Le laboratoire est une grande pièce remplie de matériel médical. Seringues, bocaux, pinces, ciseaux et autres scalpels juchent deux tables en inox clouées au centre de la pièce. Les quatre murs sont cachés derrière des meubles, en inox également, qui vont parfois jusqu’au plafond. Il serait impossible de les déplacer, car ceux-ci croulent sous paperasse et constructions miniatures.
Au fond du labo se trouve le tiroir-caisse, où le savant range les dons et les aides financières du pays. Habituellement débordant de billets, il est désormais totalement vide.
Chef est sceptique. Aucune issue, à part la porte par laquelle ils sont rentrés, des meubles impossibles à bouger. Si c’était une ruse, où donc le bougre a-t-il bien pu cacher sa fortune ?!
Prostré dans un coin, le savant essaie de se faire tout petit face au colosse qui braque une arme sur sa tête.

Chef avance vers lui, furieux.

 

— Où as-tu planqué le fric ?! hurle-t-il en l’agrippant par la blouse.

— Je vous dis que je suis ruiné ! chouine le médecin.

 

Oui, ça, Chef l’a bien compris. C’est ce qu’il répète depuis un quart d’heure, quasiment mot pour mot. Ce qui est étrange…
Tout en lâchant la blouse de sa victime, Chef repère ses larbins. Un qui s’occupe du tiroir-caisse, un autre qui surveille le fou, ce qui en laisse trois qui fouillent le labo.

 

— Larbin 2, viens ici ! aboie le patron.

— Oui, Chef ? répond l’homme en s’approchant, laissant ses deux acolytes s’occuper de la fouille.

— Ne trouves-tu pas étrange le fait que tout soit intact sauf le tiroir-caisse ?

— He bien ! je ne pense pas que « intact » soit le mot approprié pour ce foutoir, Chef…

— C’est un foutoir rangé, crétin !

— Bien Chef…

— Et que ce fou répète la même chose à chaque fois. Cela ne te rappelle donc rien ?

Larbin 2 réfléchit se frottant le menton.

 

— Je ne vois pas…

 

Chef met une claque sur le crâne de son sous-fifre.

 

— Et en Nouvelle-Orléans ! Le braquage du laboratoire ! Un des meilleurs que nous avons attaqué ! Avec un tiroir-caisse vide ! Comme aujourd’hui ! s’énerve Chef.

Il frissonne à la pensée de cet affreux moment.
Un jour comme celui-ci, un tiroir-caisse encore plus gros, un laboratoire encore plus prestigieux, des larbins encore moins bêtes… Un braquage qui aurait dû être parfait ! Si on ne tenait pas compte d’un léger détail… Plus d’argent ! Un savant fou ruiné et mollasson… Qui répétait sans cesse la même rengaine « Je suis ruiné, je suis ruiné… ? »
Chef et ses acolytes étaient restés incrédules, ne sachant plus quoi faire, tournants en rond. Ils ne sont pas restés ainsi bien longtemps, car la police était arrivée, toutes sirènes hurlantes, les prenant la main dans le sac. Un certain Jojo Del Fripolino les avait appelés pour leur dire que le labo était attaqué.
Une fois sorti de prison, Chef avait voulu en savoir plus sur ce Jojo. C’était en fait un hypnotiseur qui avait appris, grâce à un large réseau de malfaiteurs, que Chef et sa bande voulait braquer le plus grand labo du pays. Par une malsaine envie de montrer sa supériorité, Jojo avait pris les devants en volant tout l’argent du tiroir-caisse puis en hypnotisant le savant pour que celui-ci ne se souvienne de rien. Jojo avait ensuite attendu que Chef investisse les lieux, le lendemain, pour appeler la police.
Quelle horrible journée ce fut…

 

— Oui ! crie tout à coup Larbin 2. Je m’en souviens ! Mais, Chef, si c’est comme la dernière fois, alors la police…

— Va bientôt débarquer ! le coupe Chef. Mesurant soudain l’ampleur des dégâts, Chef s’affola.

— Il faut partir d’ici ! Et vite ! hurle-t-il à ses larbins.

Tous les gangsters s’arrêtèrent net, dévisageant leur patron.

— Ne me regardez pas comme ça ! Les flics vont arriver d’une minute à l’autre ! Prenez tout ce que vous pouvez et fichez le camp

 

Tous foncèrent sur les tables et les meubles, attrapant bocaux, pinces et mélanges douteux, priant pour que leur trouvaille ait un minimum de valeur. Fourrant le tout dans leur sac et leurs poches, ils prirent chacun un objet dans chaque main pour partir avec le plus de marchandises possible. Certains prenaient même des seringues entre leurs dents.

Chef, quant à lui, entreprenait de fouiller le savant et le tiroir-caisse, espérant y trouver un chèque, un billet ou même une petite pièce de monnaie… Sans grand espoir. Sachant pertinemment, que le tiroir-caisse était vide.

Soudain, avant de le refermer, il remarque un petit bout de feuille coincé dans un coin du tiroir… Sa curiosité prenant le dessus, Chef le prend entre ses doigts et y jette un coup d’œil. Une phrase y est griffonnée, signée d’un « J » entrelacé à un « F ».

 

« Quand vide et hypnotisé il sera, foutu tu seras »

 

Écrabouillant le papier dans son poing, il le jette sur la tête du savant fou.

 

— On se tire ! Hurle-t-il.

 

Chef et ses larbins se ruèrent dehors.
À peine sortis du laboratoire, ils durent s’arrêter et laisser choir leur sac par terre. La police encerclait le bâtiment, braquant leurs armes sur eux.

 

— Jojo Del Fripolino nous a appelés ! beugle le policier dans son mégaphone. Cette fois, il nous a conseillé de vous attendre dehors !

 

L’emploi des mots d’ailleurs… du panier à emporter !

 Marie-France

 Olélé, Olélé, entonnaient à tue- tête les jeunes hommes embarqués sur la tapouille. Ils naviguaient depuis le matin sur le fleuve, pour aller pêcher des trouloulous, qu’ils devaient ramener le midi au village, car une tampougne célébrée en leur honneur les attendait.

La veille au soir, un rite d’initiation les avait fait accéder au grade d’Hommes, ils avaient subi l’épreuve du feu. Les roulements de tambour et les pas des femmes martelés sur le sol dans un rythme enivrant résonnaient encore dans leurs têtes et leurs cœurs.

Ils n’oublieraient jamais ce moment de transe magique.

Le fleuve tantôt paisible, tantôt impétueux, ils le connaissaient par cœur, jusque dans ses moindres méandres, mais ce jour-là au détour d’une mangrove une surprise les attendait.

Sur une plage de sable doré, des disquettes en cuissette se déhanchaient sur un rythme endiablé, leurs rires joyeux et tonitruants brisaient le silence habituel du fleuve.

Les jeunes hommes, animés par l’étonnement et la curiosité s’approchèrent des berges du fleuve et demandèrent à ces demoiselles si elles ne voulaient pas quelques trouloulous contre quelques balles.

Bien sûr que non répondirent-elles à l’unisson en s’esclaffant, et de rajouter : « mais que va penser votre berceuse d’une conduite aussi osée ? »

 

— Mais, jolies disquettes nous n’avons plus de berceuse depuis longtemps, d’ailleurs nous savons même naviguer un char, et depuis hier soir nous sommes des Hommes.

 

Quand bien même, rétorqua la plus effrontée d’entre elles, nous voulons bien partager avec vous une tampougne de trouloulous, et si vous êtes gentils on vous montrera peut-être ce qui se cache sous nos cuissettes…

 

L’autre sujet au choix du panier à emporter, l’écriture sur image, que Monique a habilement traité, avec l’humour qui la caractérise  !

Un poème en vers rhopaliques est un poème dont le premier vers Atelier 7 panier2 Monique Atelier 7 panier 3 Monique

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